top of page

Le deuil périnatal : le comprendre, le traverser, s'y faire accompagner

Si tu es ici, c'est peut-être parce qu'une grossesse s'est arrêtée avant que tu t'y attendes, parce qu'un bébé est né sans vie, ou parce qu'il t'a quittée dans les 12 premiers mois de sa vie. Peu importe le moment où c'est arrivé, ce que tu vis a un nom : le deuil périnatal. C'est un deuil réel, souvent invisible aux yeux des autres, mais bien présent dans le tien. Ce texte ne cherche pas à répondre à tout. Il veut simplement mettre des mots sur ce que tu traverses, et te rappeler que tu n'as pas à le faire seule.


Qu'est-ce que le deuil périnatal

Le deuil périnatal désigne la perte d'un enfant pendant la grossesse ou dans les 12 premiers mois de sa vie. Cela inclut la fausse couche, la mort in utero, l'interruption médicale de grossesse, la réduction embryonnaire et le décès en période néonatale. Environ une grossesse sur 4 se termine par une fausse couche, un chiffre qui montre à quel point cette réalité est fréquente, même si elle demeure largement passée sous silence.


Ce deuil n'est pas seulement la perte d'un bébé. C'est aussi la perte d'un projet parental, d'une identité qui commençait à se former, d'un avenir imaginé dans les moindres détails : la chambre qu'on avait commencé à penser, le prénom qu'on soupesait, la personne qu'on s'imaginait devenir. On pleure un enfant, mais on pleure aussi tout ce qu'on avait commencé à construire autour de lui. Le deuil du futur. C'est cette double perte, souvent difficile à nommer, qui rend le deuil périnatal si particulier.


Pourquoi ce deuil est si peu reconnu

Contrairement à d'autres pertes, le deuil périnatal ne s'accompagne souvent d'aucun rituel social. Il n'y a pas toujours de funérailles, pas de photos partagées, parfois même pas de nom prononcé à voix haute. L'entourage, mal à l'aise ou ne sachant pas quoi dire, minimise parfois sans le vouloir : « au moins ce n'était pas plus avancé », « vous pourrez réessayer », « au moins tu sais que tu peux tomber enceinte ». Ces mots, bien qu'ils partent souvent d'une bonne intention, peuvent faire mal, parce qu'ils invitent à passer vite à autre chose plutôt qu'à reconnaître ce qui vient d'être perdu.


Ce manque de reconnaissance sociale a un effet bien réel : plusieurs parents se sentent isolés dans leur peine, comme s'ils devaient la vivre en silence ou se dépêcher de passer à autre chose. Ton chagrin est légitime, peu importe à quel stade de la grossesse la perte est survenue, et peu importe si les gens autour de toi savaient ou non que tu étais enceinte.


Les émotions qui peuvent traverser ce deuil

Il n'y a pas une seule façon de vivre un deuil périnatal. Certaines personnes ressentent une tristesse profonde, d'autres de la colère, de la culpabilité, un sentiment d'injustice, ou un vide difficile à décrire. Il arrive aussi qu'un mélange d'émotions contradictoires se présente, comme un soulagement teinté de culpabilité, ou une envie de parler suivie d'un besoin de silence. Certaines personnes ressentent aussi une forme d'engourdissement, comme si tout se passait au ralenti, sans qu'elles arrivent tout à fait à y croire.


Le corps aussi peut porter ce deuil : fatigue, troubles du sommeil, difficulté à se concentrer, tension dans la poitrine. Rien de tout cela n'est signe que tu vis mal ton deuil. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de traverser cette épreuve, seulement la tienne, à ton rythme.


Le deuil périnatal suit-il des étapes précises

On entend parfois parler d'étapes du deuil, comme s'il s'agissait d'une liste à cocher avant de « passer à autre chose ». En réalité, le deuil périnatal est rarement linéaire. Certains jours sont plus légers, d'autres ramènent la peine avec la même intensité qu'au premier jour. On illustre le deuil périnatal par des vagues. Des moments comme la date prévue d'accouchement, un anniversaire ou une nouvelle grossesse peuvent faire ressurgir des émotions qu'on croyait apaisées.


Ce n'est pas un recul. C'est simplement la nature de ce deuil-là, qui prend le temps qu'il lui faut, sans échéancier fixe. Se comparer à d'autres parents, ou à soi-même d'une semaine à l'autre, n'aide généralement pas. Le mieux qu'on puisse faire est souvent de s'accorder la même douceur qu'on offrirait à une amie proche vivant la même chose.


Comment soutenir une personne proche qui vit un deuil périnatal

Si c'est plutôt une personne de ton entourage qui traverse cette épreuve, il n'est pas toujours facile de savoir quoi dire ou quoi faire. En général, ce qui aide le plus n'est pas de trouver les bons mots pour « réparer » la situation, mais simplement d'être présent, d'écouter sans juger et de reconnaître la perte comme réelle. Nommer le deuil, demander comment la personne se sent plutôt que de présumer, et éviter de minimiser la peine en cherchant un aspect positif sont souvent les gestes les plus aidants. Il est aussi normal de ne pas savoir quoi dire : le simple fait de rester présente, sans disparaître par malaise, fait déjà une différence. Nommer le bébé par son nom ou son surnom s'il en a un est primordial.


Comment se faire accompagner dans ce deuil

Certaines personnes ressentent le besoin d'en parler rapidement, d'autres préfèrent d'abord vivre les premières semaines dans l'intimité. Les deux sont tout à fait valables. Quand vient le moment où tu sens le besoin d'être accompagnée, plusieurs options existent : en parler avec ton entourage, consulter une personne formée en soutien au deuil périnatal, ou t'appuyer sur des ressources conçues pour t'aider à mettre des mots sur ce que tu vis.


C'est dans cet esprit qu'a été pensé le Guide d'accompagnement - Deuil périnatal, un outil pour t'aider à traverser cette épreuve avec des mots vrais, des exercices concrets et un soutien bienveillant, à consulter au moment où tu en sens le besoin. Ce n'est pas un remplacement à un accompagnement professionnel si tu en ressens le besoin, mais une ressource de plus pour ne pas te sentir seule dans les moments plus difficiles.

Si tu préfères un accompagnement plus personnel, il est aussi possible de réserver un appel découverte, un moment simple pour discuter de ce que tu vis et voir ensemble ce qui pourrait t'aider, à ton rythme et sans pression.


Des ressources pour aller plus loin

En plus d'un accompagnement individuel, plusieurs organismes offrent de l'information et du soutien en deuil périnatal au Québec, notamment l'Institut national de santé publique du Québec et SOS Grossesse. L'organisme des Perséides également. Ainsi que le CHU Ste Justine. Ces ressources peuvent être un bon complément, particulièrement si tu cherches à mieux comprendre certains aspects médicaux du deuil périnatal ou à trouver d'autres formes de soutien près de chez toi.


En terminant

Le deuil périnatal est une épreuve profondément personnelle, et souvent silencieuse. Si tu la traverses en ce moment, sache que ce que tu ressens est légitime, que rien ne t'oblige à aller plus vite que ton rythme, et que tu n'as pas à porter cela seule. Que tu choisisses d'en parler à un proche, de consulter le guide d'accompagnement, ou de réserver un appel découverte, chaque petit pas vers du soutien compte.

 
 
 

Posts récents

Voir tout

Commentaires


bottom of page